Aujourd’hui, je laisse la parole à mon confrère Pierre du site https://pierrelarabophone.fr/ qui va nous parler d’un sujet important qui est «  Apprendre l’arabe par la pratique de l’arabe« .

Pour qu’un francophone devienne arabophone il doit changer ses réflexes de langue maternelle.
Je vais en profiter pour présenter mon institut avec son nom particulier: https://www.facebook.com/pierrelarabophone/ « Pierre l’Arabophone » (PLAR pour faire court). Contrairement à ce qu’on pourrait croire je n’ai pas nommé mon institut comme ça par nombrilisme (=je m’appelle Pierre). Avec ce titre, je veux prouver qu’un musulman français de base peut réellement parler, écrire, lire et comprendre comme un vrai Arabe. Et mon travail est de montrer exactement POURQUOI et COMMENT à des musulmans francophones/futurs-arabophones.

Et aujourd’hui notre problème c’est le constat qu’on fait tous au début de notre apprentissage. On a beau avoir appris les lettres arabes, les harakâtes et des dizaines de mots: On essaye de comprendre la langue arabe comme si c’était une langue française bis. Et je peux vous dire une chose, car je l’ai vécu et quasiment tous mes élèves l’ont vécu ou vont le vivre un jour: essayer de comprendre un texte Arabe avec une compréhension de francophone, c’est comme sortir courir avec un boulet accroché au pied. C’est un bel effort mais justement, c’est trop d’efforts… pour presque zéro résultats.
Mais on n’est ni idiots ni masochistes: ce n’est pas nous qui avons accroché le boulet « compréhension française » à notre pied pour sortir courir/comprendre un texte en langue Arabe. D’ailleurs, ce n’est personne. Parce que « ce boulet » nous a servi pendant 20, 30 ans pour comprendre le français à l’écrit & à l’oral. C’est grâce à lui qu’on a une vraie culture francophone et qu’on peut échanger des idées complexes tous les jours. Mais ce n’est pas parce qu’on a beaucoup appris grâce à lui qu’on va aussi apprendre l’Arabe, ou les textes de l’islam grâce à lui. Donc, notre problème vient juste de nos habitudes par rapport à la langue française. La question est juste: comment « oublier » nos habitudes de francophones au moment où on veut comprendre un texte en Arabe.
Il y a un boulet et une chaîne, mais il y a aussi une petite clé. Et chacun doit faire l’effort de fabriquer sa clé d’arabophone.
{O}—-***-
(Schéma de clé magnifiquement bien représentée)
Cette clé est en 3 parties: le bout de la clé ( -***- ) qui vous servira à ouvrir la serrure,
la « tige » de la clé ( — )
et la forme au bout ( {O} ) qui n’est pas là pour décorer mais pour prendre facilement la clé en main à chaque fois qu’on doit remplacer sa compréhension de francophone contre une compréhension de vrai arabophone.
Et on va fabriquer notre clé dans cette ordre-là. D’abord le bout qui correspond à la serrure parce que c’est celui qui va déjà vous faire prendre conscience qu’il y a une différence entre la compréhension en français et la compréhension en arabe.
Puis la tige (je ne vois pas comment le symboliser mais elle est indispensable pour utiliser la clé, disons que ce sont les connaissances de base à avoir pour comprendre l’Arabe).
Puis la forme au bout qui va servir à lire avec plus d’efficacité (en ayant de moins en moins besoin de relire, en hésitant de moins en moins & en ayant de moins en moins besoins d’explications aussi).
Les étapes concrètes à suivre afin de pouvoir apprendre l’arabe par la pratique en arabe :
1 (Pour la serrure)
Déjà, il faut prendre conscience que la langue arabe ne « marche » pas comme le français.
On ne peut pas expliquer la langue Arabe avec « sujet – verbe – complément ». Une phrase en Arabe de base peut être soit verbale, soit nominale. Si elle est verbale, le verbe vient en première position, ensuite le sujet, et pour le complément, il est nécessaire avec certains verbe, mais pas nécessaire pour d’autres. Et pour une phrase nominale en Arabe, c’est un nom ou un mot, puis une information sur ce mot.
Il faut assumer de ne PAS savoir… et oublier la syntaxe française, le vocabulaire en français etc car ces choses-là nous donnent des préjugés sur la langue Arabe et nous empêchent de comprendre les sens authentiques des textes Arabes.
Dans ce que j’ai observé depuis quelques années en tant qu’élève puis en tant que professeur, je peux dire que ceux qui progressent le mieux et le plus vite sont ceux qui se détachent le plus de leurs connaissances en français ou en dialectes et qui assument totalement d’entrer dans un monde nouveau pour eux, le monde de la langue Arabe Foussha, la plus belle langue du monde & la plus expressive aussi. C’est déstabilisant au début… mais les résultats sont tellement encourageants qu’on a toujours envie de découvrir un peu plus ce monde de l’arabe avec une compréhension d’arabophone, et plus jamais de francophones (même si on peut avoir des vieux réflexes).
Il faut oublier:
– le réflexe de traduire-pour-comprendre
– le réflexe de reformuler en français-pour-comprendre
Et prendre l’habitude de:
–  se plonger dans la langue arabe,
– apprendre l’arabe par la pratique et donc en arabe,
– déduire les sens à partir du contexte, ou à partir des explications en arabe… d’un prof d’arabe
2 (Pour la tige de la clé)
Ce sont les connaissances à avoir. Pour ceux qui n’appliquent pas encore l’étape 1, il faut s’appuyer sur ces connaissances, les rappeler et les voir différemment, avec un regard d’arabophone et pas un regard de francophone.
Ces connaissances sont les pièces stratégiques de votre compréhension et elles sont de 2 types: grammaticales (parce que c’est là que vous voyez la construction des phrases, le rôle des mots-outils, le fonctionnement des mots, etc)
et de vocabulaire.
Celles qui sont indispensables sont grammaticales. Sans elles, ont ne peut pas utiliser la clé, et on traîne toujours le boulet de « lire l’arabe en pensant à la syntaxe française ». Même la phrase  » الْحَمْدُ لِلَّهِ  » n’est pas compréhensible avec une compréhension 100% francophone. Pourtant, cette phrase (oui, c’est une phrase entière) a une importance capitale dans notre religion.
Comment faire ? Je conseille la série « Clés de l’Arabe » de l’IESH car c’est avec elle que j’ai appris et que j’ai formé des dizaines d’élèves. Parce que ce livre est pensé pour les non-arabophones… et il est 100% en Arabe, tout en étant très progressif sur le niveau des étudiants ce qui facilite l’apprentissage de l’arabe par la pratique.
Pour le vocabulaire, il est important mais en fait, c’est surtout notre façon de « gérer » le vocabulaire qui est importante. Déjà, on doit appliquer le point 1, c’est à dire qu’on doit se débarrasser de la traduction mot-à-mot. Et s’habituer à apprendre l’arabe et le comprendre par l’arabe, concrètement, écouter des explications, des définitions, des synonymes et des opposés en Arabe. Je peux vous renvoyer au conseil de notre frère Mohammed Abou Isma’il qui mets en garde contre le fait d’apprendre des listes de vocabulaire comme un ordinateur. Apprenons comme des fils et des filles d’Adam, c’est à dire intelligemment, avec de la pratique, de la relecture, et des explications en Arabe.
~~~ = ~~~ (synonymes, sens très proche)
~~~ # ~~~ (opposés)
3 (Pour la bonne prise en main de la clé)
Pratiquer chaque jour est un cadeau qu’on se fait à soi-même. Non seulement c’est important, mais en plus Allah سُبْحَانَهُ وَبِحَمْدِهِ en a fait un plaisir pour ceux qui veulent apprendre leur religion. C’est un plaisir de re-découvrir des textes avec une compréhension toujours meilleure.
Concrètement, il faut prendre le temps de relire, relire et relire. 3 fois. Vous pensez qu’il faut partir dans un pays Arabe pour apprendre l’arabe ? Vous avez plusieurs destinations de voyage dans vos bibliothèques. Ouvrez un livre de la série des Clés de l’Arabe et voyagez dans un pays arabophone. Pour ceux qui n’ont pas de livres d’arabe chez eux, si vous avez un mousshaf vous ne le voyez peut-être pas encore concrètement, mais quand vous ouvrez une page du Coran, vous voyagez chez les Arabes, il y a 14 siècles, au moment de la révélation à travers l’oreille du Messager d’Allah عَلَيْهِ الصَّلَاةُ وَالسَّلَام.
Vous entendez la da’wa du Coran et des hadiths prophétiques ? Ces versets et ces paroles sont en arabe, c’est pour ça que nous devons « arabiser » notre compréhension. Pour les chouyoukh (savants) de la langue arabe, ces deux sources sont des points de repères irréfutables pour comprendre le fonctionnement de cette langue.
Je remercie mon frère de Loughatouna, Mohamed Abou Isma’il de m’avoir invité sur son site et je demande à Allah qu’Il vous bénisse dans votre apprentissage de la langue du Coran.
آمِين
Pour ceux qui veulent en savoir plus, je vous conseille de suivre la page https://www.facebook.com/pierrelarabophone/ car le sujet de la compréhension de l’arabe est le sujet de notre institut.
السَّلَامُ عَلَيْكُمْ وَرَحْمَةُ الله
Enfin, si vous voulez commencer à apprendre l’arabe dès maintenant, je vous conseille cette série sur l’alphabet arabe.

Et n’oubliez pas , la langue arabe est la langue de ceux qui le veulent !

Mohamed Abou Isma'il
 

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